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« l’affaire du pont de Cergy »
Interrogatoire du Gefreiter Otto Mitterlehmer
Fait prisonnier le 30 août 1944
24 ans, autrichien, célibataire. « J’appartiens au Feldersatz Bataillon de la 6ème division parachutiste, 3ème compagnie de l’Oberleutnant Weber.
Je me suis engagé en 1939. En 1940 j’ai fais la campagne de France dans une unité de transmission de la Luftwaffe. Début 1941 j’ai fait la campagne de Grèce puis en 1942 j’étais en Roumanie. Campagne de Russie sur le front du Dniestr, je suis resté deux ans et demi en Russie. Après Stalingrad nous avons été envoyés en Italie durant l’été 43.
Là j’ai été incorporé (de force ?) dans les parachutistes. J’ai suivit l’entraînement à Gardelegen près de Hanovre et plus tard en Yougoslavie. En mai 44 mon unité a rejoint la 6ème Fallschirmjäger Division, alors en formation secteur Nancy, nous étions en garnison à Verdun.
En juin, nous sommes allés à Abbeville en prévision d’un deuxième débarquement dans la Somme. Nous étions en position près de l’aérodrome. Après la percée de Normandie notre bataillon, commandé par le major Schmidt a été envoyé à Amiens où après quelques jours nous avons été dirigés sur Pontoise le 26 août.
Le 27, ma section commandée par l’Oberfeldwebel Zwerger a été envoyée en renfort des pionniers de Steiner pour garder le pont de Cergy, avant de le faire sauter le 28 août. C’est là que, en voyant un véhicule civil garé près du poste de garde, j’ai entendu parler de l’interception d’une voiture de la Résistance avec des armes. Les trois passagers m’a-t-on dit, auraient été abattus alors qu’ils cherchaient à s’enfuir.
(En fait ramenés à Courdimanche, après avoir été présentés succèssivement à deux officiers, ils ont été condamnés à être fusillés sur le champ.NDR)
J’ai déserté le 28 août à Pontoise, il était insensé de continuer. J’ai demandé à des habitants de me donner des vêtements civils, je leurs ai remis mes armes. Puis j’ai été emmené à Cergy et remis à des FFI qui m’ont interrogé. Le 30 août je me suis retrouvé au Quartier Bossut à Pontoise en compagnie de 27 de mes camarades. Là un interprète FFI nous a demandé si quelqu’un avait entendu parler de « l’affaire du pont de Cergy » Je me suis présenté et j’ai déclaré ce que je savais à ce sujet. Nous avons ensuite rejoint le camp de prisonniers de Chartres où se trouvaient de nombreux parachutistes de la 6ème division. »
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